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La Roue


Yohanne Lamoulère / Transit

La Roue est un voyage qui à duré trois années au cœur de différentes zones de production en fruits et légumes autour de l’Europe : Au "Gourbi de Berre", un bidonville rural où logent à l'année une soixantaine d'hommes, tous employés dans l'agriculture intensive sous contrat OMI (Office des Migrations Internationales). Au Maroc, anciens saisonniers agricoles, futurs saisonniers agricoles potentiels et saisonniers agricoles malades cohabitent. On dit que le nombre d’ouvriers agricoles touchés par diverses maladies professionnelles sera aussi important que le nombre de malades atteints par l'amiante dans quelques années. Dans les douars marocains, les jeunes ne rêvent que d'une chose : émigrer en France. Mis à part le lieu commun, le contrat OMI (Office des Migrations Internationales) permet à grand nombre d’entre eux d'envisager le voyage. À El Ejido, zone intensive de production légumière, en Andalousie. Réputée pour ses 40 000 hectares de serre, surnommée "la mer de plastique", les ouvriers immigrés qui y travaillent et y vivent sont victimes d'accidents du travail à répétition, de problèmes de santé publique, de mal logement et du racisme ambiant. À Huelva, zone de production intensive de fraises. Plusieurs types de main d'oeuvre "s'affrontent" pour pouvoir travailler dans cet eldorado de l'or rouge. Marocains, Subsahariens, filles de l'Est...Tous là pour ramasser les fraises tant appréciées en Europe avant l'été. « La Roue, ou la noria des saisonniers agricoles », 2007, ed. Khiasma www.limitrophe.net


 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127339

En France pour épargner le maximum de leur salaire et le transférer dans le pays ou réside leur famille, les travailleurs saisonniers OMI ou autre ne peuvent assumer les frais d’un loyer au prix du marché. Ainsi couramment il se contente de mas délabrés,de granges, de caravanes , etc.

La Fare les Oliviers, France - 15/12/2003

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127352

Au gourbi cohabitent de salariés titulaires d’une carte de séjour, des contrats OMI des travailleurs de passage avec ou sans papiers et qui ne trouvent pas à se loger. Mais ces lieux restent des lieux de vie, même s'ils sont des territoires de précarité. Ce sont des espaces d'échanges, où l'on vit dans la dignité de soi même et des autres, où l'entraide facilite le quotidien.

La Fare les Oliviers, France - 15/12/2003

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127350

Au Gourbi, les logements sont juste à côté des serres, rentabilité oblige. Les hommes sont ainsi loin des villages, isolés à souhait, et disponibles près de leur lieu de travail. Longtemps il n’y eu qu'un seul point d'eau non potable pour tous les habitants. En période de pointe ils travaillent 250 h par mois (175h durée légale du travail).

La Fare les Oliviers, France - 15/12/2003

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127348

Dans les serres comme au gourbi l’invisibilité, le silence sont de rigueur. Les pratiques illicite sont largement tolérées au nom de l’intérêt général. Les jeunes travailleurs se laissent moins facilement aborder que les personnes âgées, ils ne veulent pas prendre le risque de se montrer, ils pensent à l'expulsion.

La Fare les Oliviers, France - 15/12/2003

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127345

Une hiérarchie s'opère au sein même du « bidonville ». Les plus anciens vivent souvent dans des caravanes et les nouveaux arrivants sous des bâches, des cahutes improvisées. Mais ces lieux restent des lieux de vie, même s'ils sont des territoires de précarité. Ce sont des espaces d'échanges, où l'on vit dans la dignité de soi même et des autres, où l'entraide facilite le quotidien.

La Fare les Oliviers, France - 15/12/2003

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127355

Le "Gourbi de Berre", bidonville rural où logent à l'année une soixantaine d'hommes, tous employés dans l'agriculture intensive sous contrat OMI (Office des Migrations Internationales).

La Fare les Oliviers, France - 15/12/2003

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127342

Les travailleurs étrangers sont unanimement reconnus comme le facteur clé de la survie de l’agriculture « compétitive » dans les fruits et légumes , mais leurs conditions de vie sont toujours esquivées.

La Fare les Oliviers, France - 15/12/2003

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127372

Chambres de grévistes de la SEDAC. Prix du loyer : 62 euros le lit. Les employeurs de contrat OMI ont obligation de loger décemment leurs saisonniers : pour les Marocains employés par la SEDAC une dizaine d’Algeco défoncés, perméables au froid l’hiver et torrides l’été.

St Martin de Crau, France - 11/07/2005

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127370

Chambres de grévistes de la SEDAC. Prix du loyer : 62 euros le lit. Les Tunisiens de Poscros sont logés pour dans un mas délabré au milieu des vergers dont des palettes servent de cloisons entre les lits.

St Martin de Crau, France - 11/07/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127377

Au Maroc, dans les régions historiquement pourvoyeuses de main d’œuvre les contrats OMI sont très convoités. La simple menace de ne pas le renouveler est le moyen pour l’employeur d’obtenir de nombreux sacrifices et, dans la pratique, toutes les étapes de sa délivrance prêtent flanc aux abus, aux détournements voire aux trafics frauduleux.

Taoujdate, Maroc - 15/01/2004

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127376

Évolution d’un territoire : ces constructions récentes témoignent des ressources financières de l’émigration et des changements culturels induits dans la région d’origine, le Rif. La topographie porte les traces de la double appartenance.

Taoujdate, Maroc - 15/01/2004

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127375

Dans les douars marocains, les jeunes rêvent souvent d’émigrer en Europe. Au-delà de ce lieu commun, le contrat OMI permet à grand nombre d’entre eux d’envisager le voyage.

Taoujdate, Maroc - 15/01/2004

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127379

Fatima grandit dans une maison sans homme. L’absence et les départs se transmettent d’une génération à l’autre.

Taoujdate, Maroc - 15/01/2004

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127381

Dans le quartier de Naïma Es Salah, Bab Khoukha, à Fès.

Fes, Maroc - 15/01/2004

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127374

Les parents de Naïma Es Salah, au Maroc. À Grans, son père était employé sous contrat OMI chez le même patron qui emploie encore son frère et contre qui Naïma est toujours en conflit (pénal et prud’homal), après sept années de procédure.

Taoujdate, Maroc - 15/01/2004

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127389

Le travail représente 60% des coûts dans les cultures de serres, mais l’importance de la main d’œuvre sur place tire les salaires vers le bas et favorise l’embauche hors du cadre légal. Ces migrants endurent le travail dans les serres ( cadences infernales, charge lourdes à porter, chaleur, humidité et exposition aux pesticides), des conditions de vie misérables et les violences racistes dont ils sont régulièrement la cible.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127396

Sur les autoroutes qui partent vers l’Europe du nord, les camions, dans un va-et-vient incessant, livrent 70% des fruits et légumes produits sur la zone d’El Ejido en France (le premier commanditaire) et en Allemagne. L’entrée de l’Espagne dans l’Europe en 1986 a permit à la région d’écouler sa production et, grâce aux subventions, de développer les infrastructures routières qui permettent de raccourcir les délais de livraison.

El Ejido, Espagne - 15/12/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127383

Logés dans des hangars, des entrepôts en ruine, des locaux de stockage de pesticides ou des chabolas (abris de carton, de tôle ou de plastique disséminés sur de terrains vague), les travailleurs maghrébins ne sont tolérés par la pop locale que s’ils restent dans la zone des serres. Ils vivent marge des centres urbains dont ils sont bannis et où ils s’exposent à des contrôles et à l’expulsion.

El Ejido, Espagne - 15/12/2005

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127369

Derrière les murs de cette ferme en ruines, louée comme logement aux saisonniers, un groupe d’hommes discutent. Comment rapatrier le corps d’un des leurs, mort depuis quatre jours.

El Ejido, Espagne - 15/11/2004

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127366

Cet ouvrier marocain était assis sur un banc avec son ami à la fête du quartier. Lynchés tous les deux par une bande de jeunes Espagnols, lui s’en tire bien mais reste mutique depuis ce jour. Dans le conteneur, son ami, amputé d’une jambe, agonise faute de soins adaptés.

El Ejido, Espagne - 15/11/2004

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127397

Les restes d’un chabola (bidonville) abritant des saisonniers agricoles, après un incendie. En 2000 lors des émeutes racistes, les magasins des migrants maghrébins et leur mosquée ont été dévastés.

El Ejido, Espagne - 15/12/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127367

La zone d’Almeria est en tête des zones utilisatrices de pesticides avec des concentrations jusqu’à 200 fois supérieures à celles autorisées dans l’agriculture classique. Les bidons de pesticides sont ensuite utilisés pour faire provision d’eau nécessaire à la vie quotidienne. Cette pratique est une autre source d’intoxication chronique par des produits pouvant être cancérogènes, mutagènes ou provoquer la stérilité.

El Ejido, Espagne - 15/11/2004

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127398

À El Ejido, la commune mène une politique délibérée de ségrégation pour maintenir les migrants hors du centre ville. La population les rejette car, en raison même de leurs conditions de vie, ils sont considérés comme des marginaux. L’accès leur est refusé dans les magasins ou les bars et ils ont du développer leurs propres commerce près des zones de serre.

El Ejido, Espagne - 15/12/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127382

Le racisme latent concoure à l’impossibilité de louer un logement et a engendré de véritable bidonvilles aux abords des serres, des huttes de fortune, bricolées avec les déchets (plastiques, cordes, tôles, contre-plaqués, etc.)

El Ejido, Espagne - 15/12/2005

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127395

El Ejido, zone intensive de production légumière, en Andalousie. Réputée pour ses 40 000 hectares de serre, surnomée "la mer de plastique", les ouvriers immigrés qui y travaillent et y vivent sont victimes d'accidents du travail à répétition, de problèmes de santé publique, de mal-logement et du racisme ambiant.

El Ejido, Espagne - 15/12/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127368

El Ejido, zone intensive de production légumière, en Andalousie. Réputée pour ses 40 000 hectares de serre, surnomée "la mer de plastique", les ouvriers immigrés qui y travaillent et y vivent sont victimes d'accidents du travail à répétition, de problèmes de santé publique, de mal-logement et du racisme ambiant. Ici "chabolas" : bidonville ou logements de travailleurs immigrés.

El Ejido, Espagne - 15/11/2004

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127386

Champs de fraises. En arrière-plan, le pôle chimique produit sur place les pesticides.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127391

Ouvrières saisonnières à Mazagon, dans la zone de Huelva. Ces femmes sont recrutées directement dans leur pays (en « contrat d’origine »), au physique (« al fisico »). Certaines d’entre elles alternent, pour le même employeur, travail agricole et travail dans les « clubs »…

Huelva, Espagne - 15/04/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127388

Le contremaître d’une exploitation pose à côté de sa mule. Dans ce système agro-industriel, se mêlent complexes phytosanitaires et traction animale, technologie chimique et travail déqualifié.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127393

Une ouvrière en pause s’équipe pour reprendre le travail.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127384

Un groupe d’ouvrières s’offre une sortie en ville, à Mazagon.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

Accord oral.

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127385

Le système agricole repose sur l’empilement de différents types de main d’œuvre : permanents, saisonniers espagnols, contrats d’origine, saisonniers étrangers, sans-papiers… Parmi les plus précaires d’entre eux, les immigrés sub-sahariens attendent, cachés dans la forêt, de pouvoir accomplir quelques heures de travail.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127392

Le système agricole repose sur l’empilement de différents types de main d’œuvre : permanents, saisonniers espagnols, contrats d’origine, saisonniers étrangers, sans-papiers… Parmi les plus précaires d’entre eux, les immigrés sub-sahariens attendent, cachés dans la forêt, de pouvoir accomplir quelques heures de travail.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

 

Yohanne Lamoulère / Picturetank LAMY0127387

Une ouvrière marocaine dans sa chambre.

Huelva, Espagne - 15/04/2005

Accord oral.



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